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Colloque international de didactique des langues "La technologie aux limites de l’humain en didactique des langues", 16 et 17 octobre 2015. Centre Vésale de l’UMONS, amphi La Fontaine (« ancienne piscine »), 22 rue du Champ de mars, 7000 Mons.

Cinquante années après l’introduction de la « méthode structuro-globale » et de l’ approche « verbotonale » de la correction phonétique dans les enseignements de langues de plusieurs institutions d’enseignement supérieur de la ville de Mons, l’Université de Mons, en collaboration avec l’association SGAV[1] et le CIPA[2], revient sur les fondamentaux de ces cadres de pensée et d’action, en interroge l’actualité et scrute l’avenir de la didactique des langues.
Si ces regards rétrospectif et prospectif ont vocation à se croiser dans le contexte de l’opération « Mons, Capitale européenne de la culture » - qui revisite les spécificités locales et spécule sur leurs projections d’avenir - le questionnement épistémologique sous-tendu est de portée beaucoup plus générale.

En effet, à un moment où, en didactique des langues, le discours pédagogique a perdu de sa validité d’apparence et est souvent considéré comme la trace fossilisée d’anciens conflits d’écoles, on entend de plus en plus souvent prêcher les vertus de l’ « œcuménisme méthodologique ».  La didactique apparaît ainsi moins fondée sur une pensée rationnelle nourrie d’éléments scientifiques qu’appuyée sur une fantomatique et incertaine plateforme minimale d’accord entre des conceptions irrationnelles à considérer dans un esprit de tolérance. Si l’œcuménisme est de mise, les théories pédagogiques seraient-elles donc des religions ?

Mais en même temps que les fondements de l’acte enseignant s’étiolent et que les repères scientifiques et théoriques se brouillent, de nouveaux déterminants de l’action pédagogique apparaissent. Les mondes de l’école et de la formation sont en effet chaque jour plus significativement confrontés à l’appropriation par les apprenants et les enseignants des technologies de l’information et de la communication. Celles-ci sont puissantes, certes, mais dans certains secteurs seulement ; dans d’autres (la reconnaissance de parole, la génération de sens, la robustesse en conditions adverses, etc.), elles demeurent balbutiantes dans leurs tentatives d’applications concrètes. La tentation est grande, en conséquence, d’adapter l’enseignement aux contraintes (et forces) de la technologie plutôt qu’à un corps de connaissances intégrées apte à rendre compte du fonctionnement cognitif de l’apprenant de langue.

Ce qui explique et légitime l’acte enseignant posé, est-ce aujourd’hui un jugement d’optimalité basé la connaissance du fonctionnement intellectuel de l’apprenant ? Seront-ce demain les faiblesses et les aubaines des TICs ? Quelles définitions donner en la matière du mot « progrès » ? Telles sont les interrogations qui figureront au cœur des débats du colloque La technologie aux limites de l’humain en didactique des langues.